vendredi 10 avril 2015

LEÇON 13 : LA PLAINE COTIERE(Terminales ACD, Collège de la Paix de Foumban)


INTRODUCTION
Située entre l’Océan Atlantique, les HPO(Hauts Plateaux de l’Ouest)  et le centre, la plaine côtière est un ensemble de basses terres. C’est le premier pôle de développement du pays grâce à des richesses naturelles exceptionnelles, sa position stratégique et le dynamisme de ses populations.
I-LES TRAITS PHYSIQUES
1-LE RELIEF
C’est une zone de basses terres avec une altitude moyenne de 200 m. On distingue 3 sous ensembles de relief.
-La cuvette de Manfé et le bassin du Ndian ;
-Le bassin de Douala qui est le plus vaste sous ensemble ;
-Les basses terres kribiennes.
2-LE CLIMAT ET LA VEGETATION
On rencontre le climat équatorial camerounien au nord de l’estuaire de la Sanaga et le climat équatorial guinéen de l’estuaire de la Sanaga à l’embouchure du Ntem.  C’est une zone très arrosée (Douala /4000 mm par an), ( Debumsha/10 000mm par an). Les températures sont très élevées et constantes. La végétation  est dominée par la forêt littorale ou mangrove. On retrouve également la forêt dense par endroit.
3-LES SOLS ET L’HYDROGRAPHIE
Les sols sont volcaniques autour du Mont Cameroun mais généralement ils sont alluviaux dans l’ensemble (argile et sable). Les sols volcaniques sont très fertiles, ce  qui explique la présence des grandes plantations capitalistes dans la plaine côtière.
L’hydrographie ici est très dense car la plaine côtière est traversée par de nombreux fleuves qui se jettent  à la mer ex : la Sanaga, le wouri, la Lobé, le Ntem, le Moungo. Ces fleuves jouent un rôle très important en ce qui concerne l’hydro-électricité et la pêche traditionnelle ; malheureusement, ils ne sont navigables que par endroit.
Notons enfin que la plaine côtière dispose des ressources naturelles exceptionnelles : pétrole, gaz naturel, sols riches, eau minérale, énorme potentiel hydroélectrique, le fer de Kribi, la pouzzolane, l’argile à Dizangué, le calcaire.
II-LE MILIEU HUMAIN
1-LA POPULATION
C’est une population nombreuse et cosmopolite car à côté des autochtones bantous  que sont les Bassa, les Douala, les Bakwéri, les Batanga, les Yabassi, on a les allogènes venus des autres régions du pays sans oublier la forte communauté des expatriés. C’est un grand foyer de peuplement avec de fortes densités car la région attire de nombreuses populations du fait de ses potentialités économiques.
2-LES VILLES
C’est la région la plus urbanisée au Cameroun avec Douala qui est la capitale économique du pays. On a des villes moyennes aussi importantes sur le plan économique comme Edéa, Buea, Limbé, Kribi, Kumba, Nkongsamba.
III-ETUDE ECONOMIQUE
1-L’AGRICULTURE
La plaine côtière est la première zone d’agriculture industrielle au Cameroun. On y retrouve les plantations d’hévéa avec HEVECAM(Niété), de thé avec la CDC, la banane (PHP), de palmiers à huile avec la SOCAPALM, de café robusta et d’ananas. On  y pratique également l’agriculture vivrière (maïs, tubercule, légumes…).
2-L’ELEVAGE ET LA PECHE
L’élevage est moins développé dans la région et se limite à la volaille, aux ovins et aux caprins… c’est la seule région du pays où l’on rencontre un pêche industrielle pratiquée dans l’océan atlantique. On y trouve également une pêche traditionnelle faite à la pirogue dans les fleuves et en bordure de mer.
3-L’INDUSTRIE
La plaine côtière est le premier  pôle industriel du Cameroun. On y  retrouve pratiquement toutes les gammes d’industries :
-les industries chimiques ( Biopharma, CINPHARM, CIMENCAN, Dangote Cement, CCC …) ;
-les industries agro-alimentaires (SOCAPALM, CHOCOCAM, les brasseries, NESTLE …) ;
-l’ industrie textile(CICAM) ;
-les industries énergétiques(le barrage d’Edéa, la Centrale à gaz de Yassa…) ;
-l’industrie pétrolière : la SONARA à Limbé ;
-Les industries lourdes (ALUCAM, ALUBASSA, SITRAFER …) ;
On distingue deux zones industrielles dans la ville de Douala notamment la zone de Douala-Bassa et celle de Douala-Bonabéri.
4-TRANSPORTS ET ECHANGES
Les ports de Douala, Tiko, Limbé et Kribi font de la plaine côtière la plaque tournante des échanges nationaux et internationaux. Bien plus, les transports dans la région sont très diversifiés. On distingue aussi des transports routiers qui sont très denses et orientés  autour de deux axes :
-l’axe Nord : Douala-Nkongsamba-Bafoussam ;
-l’axe Est : Douala-Edéa-Yaoundé.
Les transports ferroviaires représentés par le transcamerounais  qui comporte deux lignes :
-Douala-Nkongsamba- avec embranchement Mbanga-Kumba ;
-Douala-Edéa-Eséka-Yaoundé.
Le transport  aérien bénéficie de la présence à Douala d’un aéroport international qui assure plus de 57% du trafic aérien national et international. On rencontre également des aérodromes à Kribi, Tiko, Manfé.
Le transport par voie d’eau ici se rencontre dans le Wouri navigable sur 65 km, le Moungo(120km), la Dibamba(60KM). Le transport maritime bénéficie de l’ouverture à l’océan atlantique qui a permis la création de nombreux ports maritimes dont les plus importants sont ceux de Douala, de Kribi, ensuite viennent ceux de Limbé, de Tiko, spécialisés surtout dans l’embarquement des produits agricoles et pétroliers.
5-LE TOURISME
La plaine côtière dispose de nombreux sites touristiques :
-Les massifs volcaniques : les monts Cameroun, Manengouba, Koupé…
-les stations balnéaires : Kribi, Limbé, Tiko…
-les chutes de la Lobé, d’Ekom Nkam…
-les monuments historiques tels que le palais des gouverneurs à Buéa, le palais du roi Bell à Douala, le pont sur la Sanaga…
-les parcs nationaux ( Korup, Cross river)
-les réserves naturelles et botaniques : Limbé …
-les festivals culturels comme le Ngondo chez les Sawa, le Pô chew les Bassa...


CONCLUSION
La plaine côtière, zone de basses terres, est le pôle premier d’urbanisation et d’industrialisation du pays. Elle tire sa puissance et son dynamisme de sa position stratégique, sa population cosmopolite, les richesses de son sol et du sous sol, la diversité de ses activités économiques.
Sujet de réflexion : 1- l’urbanisation rapide de la ville de Douala : atout ou obstacle pour l’économie de la plaine côtière.
2-Montrez que la position littorale de la plaine côtière est un atout favorable pour l’économie.

3-Les obstacles au tourisme dans la plaine côtière.

LECON 8 : LE REGIME PRESIDENTIEL(Premières A, C, D1, Collège de la Paix de Foumban)


INTRODUCTION
Le régime présidentiel est le produit d’une histoire politique et constitutionnelle. C’est un régime fondé de par la constitution sur la stricte séparation du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. Il apparait comme la marque de transition entre les régimes monarchiques de l’ancien régime et les régimes parlementaires nés de la contestation des précédents. Le régime présidentiel nait aux USA en 1787 lors du congrès de Philadelphie qui a réuni les 13 premières colonies. La constitution qui définit ses caractéristiques est adoptée le 4 mars 1789.
I- CARACTERISTIQUES DU REGIME PRESIDENTIEL
Les pensées de Montesquieu et de John Locke ont largement influencé les théoriciens du régime présidentiel. Ainsi, il se caractérise par :
-Une séparation stricte entre les 3 pouvoirs constitutionnels de l’Etat. C’est ainsi que le Président de la République ne peut dissoudre le parlement de même que le parlement ne peut renverser le gouvernement;
-Le monocéphalisme du pouvoir exécutif. Autrement dit, le Président de la république est chef de l’Etat et chef du gouvernement ;
-L’irresponsabilité du gouvernement devant le parlement ;
-le bicaméralisme du parlement ;
-L’élection démocratique des dirigeants au suffrage universel direct ou indirect.
III-FONTIONNEMENT DU REGIME PRESIDENTIEL : LE CAS DES USA
1-LE POUVOIR EXECUTIF
Aux USA, il assuré par le Président de la République élu au suffrage universel indirect. Seul représentant de la Nation, il est à la fois chef de l’Etat et chef du gouvernement qui n’est responsable que devant lui, il dirige l’administration fédérale, veille au respect de la constitution et aux  lois votées par le congrès. Il dispose du droit de grâce, dirige la politique nationale et internationale. Il est le commandant en chef des armées.
Elu en même temps que le Président de la République, le Vice-président n’a que des fonctions honorifiques. Il assure la présidence du SENAT et remplace le Président en cas de démission ou de décès.
2-LE POUVOIR LEGISLATIF
Il est exercé par le congrès composé deux chambres à savoir la chambre des représentants et le SENAT. La première chambre compte 435 membres élus pour deux ans. Elle est chargée de la législation financière. Le SENAT, instance de contrôle de la politique étrangère et des nominations dans la haute administration, il est constitué de 100 sénateurs élus pour 6 ans. Il est renouvelé au tiers tous les deux ans. Le rôle du congrès est de voter le budget,  de veiller au respect de la constitution.

3-LE POUVOIR JUDICIAIRE
Il est exercé par un système de tribunaux à la tête duquel se trouve la Cour Suprême. Cette dernière est composée de 9 juges nommés à vie  par le PR et leur nomination validée par le SENAT. Elle gère tous différends entre les Etats fédérés et le gouvernement fédéral. Elle joue le rôle de conseil d’Etat statuant sur la constitutionalité des lois.
En dehors des USA, on rencontre le régime présidentiel au Nigeria, au Ghana, en Angola, au Brésil, au Honduras…
4-RAPPORTS ENTRE LES DIFFERENTS POUVOIRS
-le PR prononce au début de chaque année devant le congrès un discours sur l’état de l’union ;
-Il  peut mettre son véto sur un projet de loi à voter au congrès ;
-Il peut être mise en cause dans une très complexe procédure de destitution appelée l’impeachment ;
-le PR a besoin de l’aval du Congrès dans la nomination des hauts fonctionnaires.
III-ATOUTS ET LIMITES DU REGIME PRESIDENTIEL
1-ATOUTS
-L’élection libre des dirigeants au suffrage universel ;
-L’alternance régulière aux fonctions électives ;
-Le respect des libertés individuelles et collectives ;
-La stabilité des organes constitutionnels de l’Etat.
2-LIMITES
-Risque d’hégémonie du chef de l’exécutif(PR) qui est le chef de l’Etat, chef du gouvernement sans obligation de rendre compte devant le parlement.
-Absence de mécanismes institutionnels de résolution des conflits entre l’exécutif et le législatif au  cas où la majorité au parlement appartient à l’opposition.
IV-VARIANTES DU REGIME PRESIDENTIEL
1-LE REGIME PRESIDENTIALISTE
Le présidentialisme est une déviation des régimes présidentiels marqué par un renforcement accru des pouvoirs du PR (rigueur de l’encadrement politique, extrême centralisation du pouvoir et forte personnalisation de celui-ci). C’est donc ainsi qu’on a pu à une époque récente distinguée :
-Le présidentialisme Sud-Américain caractérisé  entre 1970 et 1980 par une succession de coups d’état militaires. Ici, le président est un véritable dictateur qui gouverne avec le soutien de l’armée. Cas d’Augusto Pinochet au Chili entre 1973 et 1990.
-le présidentialisme africain entre 1960 et 1990. Il se caractérise par la prédominance du parti unique et de l’armée sur l’appareil décisionnel de l’Etat. Cas du régime de Mobutu au ZAIRE…

2-LE REGIME SEMI-PRESIDENTIEL
C’est un savant mélange de parlementarisme et du régime présidentiel. Leur caractère parlementaire tient lieu du fait de l’exécutif qui est dualiste. Le gouvernement forme un cabinet responsable devant un parlement qui peut le pousser à la démission par une motion de censure. Leur caractère présidentiel est lié au fait que le Chef de l’Etat est élu au suffrage universel et ne peut se faire révoquer par le parlement. Ex : cas du Cameroun, le Gabon, la France…
CONCLUSION
Loin d’être un régime parfait, le régime présidentiel se caractérise tout de même par son respect des principes démocratiques (respect des libertés, suffrage universel, élections transparentes…). Ainsi, ce régime devrait inspirer les systèmes présidentialistes qui font encore de la résistance à la démocratie dans le tiers-monde.


SUJET DE REFLEXION : Les régimes présidentiel et parlementaire : étude comparative.



LEÇON 7 : LE REGIME PARLEMENTAIRE (Premières A, C et D1 Collège de La Paix de Foumban)


INTRODUCTION
Le régime parlementaire est un système politique dans lequel le gouvernement est responsable devant le parlement.  Il est conçu en Angleterre à partir 1215 lorsque la Magna Carta permet de limiter les pouvoirs royaux par la création de la chambre des Lords qui joue le rôle de parlement. De nos jours c’est l’un des régimes les répandus dans le monde en raison de son caractère démocratique.
I-GENESE DU REGIME PARLEMENTAIRE
Ses origines sont le fruit de l’histoire. Il remonte à 1215 avec la Magna Carta qui va permettre au conseil  des anciens de s’ériger en parlement, de promulguer les lois et d’intervenir dans le prélèvement de l’impôt. En 1679, ce parlement proclame Habeas Corpus qui stipule que désormais aucun individu ne pouvait être emprisonné sans être jugé tandis que la déclaration des  droits de l’homme (bill of rights) de 1689 permet au parlement d’asseoir son influence. C’est à partir de 1707 que le régime va se moderniser avec la consécration de la responsabilité du gouvernement devant le parlement.
II-LES CARACTERISTIQUES DU REGIME
Le régime parlementaire se caractérise par :
-La séparation souple et l’équilibre des 3 pouvoirs. L’on parle de séparation souple parce que chacun des pouvoirs (exécutif et législatif) à des moyens d’action sur l’autre.
-Le dualisme du pouvoir exécutif qui est détenu  simultanément par  un Premier Ministre chef du gouvernement qui détient la réalité du pouvoir et le chef de l’Etat (roi, reine, président) qui ne joue qu’un rôle honorifique.
-La collaboration entre les différents  pouvoirs constitutionnels de l’Etat. Ainsi, le gouvernement peut être à  l’initiative des lois au même titre que le parlement  de même qu’il peut participer aux débats parlementaires. Le parlement intervient  dans le fonctionnement du gouvernement par l’investissement de ses membres   et le contrôle de l’activité gouvernementale tandis que le chef du gouvernement est issu de la majorité parlementaire.
-L’influence réciproque entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, ainsi, le chef du gouvernement peut dissoudre le parlement tandis que le parlement peut renverser le gouvernement  par une motion de censure : procédure qui permet au parlement de marquer sa désapprobation par rapport à la politique du gouvernement en le poussant à la démission.
               


III-FONCTIONNEMENT DU REGIME PARLEMENTAIRE : CAS DE LA GRANDE BRETAGNE
Dans le régime parlementaire britannique, le gouvernement dirige avec la confiance du parlement d’où la responsabilité politique  qui donne droit au parlement de renverser le gouvernement par une motion de censure.
Au niveau du pouvoir exécutif, la réalité du pouvoir est exercée par le Premier Ministre, chef du parti majoritaire à la Chambre des communes. Le rôle du chef de l’Etat est assuré par la reine D’Angleterre qui ne joue qu’un rôle honorifique c’est-à-dire qu’elle assure l’unité des institutions du pays et la continuité des institutions.
Le pouvoir législatif quant à lui est exercé par deux chambres :
-La chambre basse ou chambre des communes qui compte 650 membres est celle des élus du peuple chargée de vote les lois et le budget ;
-La chambre haute ou chambre des Lords qui compte 760 membres. Ses membres sont nommés par la reine sur proposition du  Premier Ministre. Cette chambre a un rôle consultatif et approuve les lois en dernier ressort.
De nos jours et en dehors de la Grande Bretagne, on rencontre le régime parlementaire dans plusieurs pays du monde notamment  le Cap Vert, Maurice, la Tunisie ; L’Italie, l’Allemagne, Israël, le Bangladesh, l’Ethiopie.
III-AVANTAGES ET INCONVNIENTS DU REGIME PARLEMAMTAIRE
1-AVANTAGES
Le régime parlementaire est un régime fondé sur la démocratie. On y observe la séparation des pouvoirs, le respect des libertés fondamentales, le multipartisme, l’organisation des élections libres et transparentes, l’alternance au pouvoir, la pratique du suffrage universel. En outre, on observe une forte stabilité au poste de chef de l’Etat car ce dernier est à l’abri des vicissitudes politiques.
2-INCONVENIENTS
-Le grand risque de blocage institutionnel lorsque le parti au pouvoir n’a pas une majorité confortable au parlement ;
-la fréquence des instabilités gouvernementales ;
-La rupture dans l’action gouvernementale suite à la motion de censure ou de la dissolution du parlement ;
-La non-élection du chef du gouvernement au suffrage universel.
CONCLUSION
Aux origines anglaises, le régime parlementaire se rencontre de nos jours sur tous continents du monde, il à l’avantage d’être démocratique surtout dans les pays occidentaux tandis que dans sa pratique dans le tiers-monde il traine un certain nombre de défaut.

SUJET DE REFLEXION : Le régime parlementaire dans le monde

Consigne : après avoir présenté trois pays africains à régime parlementaire, le candidat présentera les caractéristiques de ce régime et ses inconvénients.

lundi 23 décembre 2013

LEÇON5 : LES FACTEURS DE LA DECOLONISATION EN AFRIQUE. TLES CG&ACA, Décembre 2013



INTRODUCTION

C’est après la 2è Guerre Mondiale que les facteurs d’émancipation vont se faire de plus en plus pressants dans les colonies. Ce sont ces  facteurs qui seront à l’origine de la décolonisation  à partir du milieu des années 1950 et au début des années 60. La décolonisation peut se définir comme le processus de désengagement des puissances dans les colonies qui accèdent à l’indépendance. La décolonisation est le résultat de la conjugaison de plusieurs facteurs notamment externes et internes.

I-Les  facteurs externes.

 Ce sont des facteurs liés à la conjoncture  politique internationale. On peut citer entre autres :

1-Le rôle joué par la  Deuxième Guerre Mondiale

Elle a affaibli les puissances coloniales Européennes. La victoire des Allemands et des Japonais jusqu'à 1944 dégrade l'autorité Française à l'égard des pays développés. C'est surtout chez les anciens militaires que la toute puissance de l'homme blanc s'est trouvée en doute. Car ces soldats indigènes ont été les témoins oculaires de la défaite des blancs. La peur a peut à peut cédée la place à l'action. Les anciens combattants ayant appris à utiliser les armes modernes et les méthodes modernes et les méthodes de combat occidentales n’accepteront plus de vivre à nouveau et à servir une fois de plus de retour chez eux.

2-Le rôle de l'URSS et des Etats Unis

Les deux super puissances s'affirment anti-indépendantistes et manifestent leur sympathie en faveur des mouvements nationalistes. Pour les Etats-Unis, leur hostilité  vient du fait qu’ils sont une ancienne colonie britannique ayant connu eux-mêmes les abus de la colonisation. Et surtout, la colonisation à travers le pacte colonial est un frein au commerce des USA dans le monde.
Pour l’URSS, c’est l’idéologie socialiste qui justifie leur refus de la colonisation car les socialistes considèrent la colonisation comme une entreprise de l’exploitation de l’homme par l’homme.

3-Le rôle de l'ONU

Dès sa création l'ONU est fondamentalement opposée au colonialisme par sont principe d'égalité des peuples et du respect des libertés. De même, elle reconnait dans sa charte le droit inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes, c'est-à-dire à être indépendants. C’est donc ainsi que la tribune des Nations Unies va permettre aux nationalistes africains tels que UM NYOBE de dénoncer les abus du colonialisme et de réclamer l’indépendance.


4-La défaite française de Dien-bien-Phu

Cette  défaite de l’armée française lors de la guerre d’Indochine devant un peuple colonisé sera très  traumatisante pour l’armée française et en même tant  elle va galvaniser les nationalistes des pays colonisés qui vont se servir de l’exemple des Indochinois. C’est le cas des combattants du FLN en Algérie.

4-La conférence de Bandoeng à l'île de Java en Indonésie

A Bandoeng capitale de l'île de Java en Indonésie en Avril 1955, une conférence de 29 pays Asiatiques et Africains a été convoquée notamment par l'Inde, la Birmanie, la Ceylan, l'Indonésie et le Pakistan. On y proclama l'égalité raciale, la volonté d'indépendance économique et politique. Le refus de tout engagement dans l'un ou tout autre bloc. C'est le neutralisme ou la naissance du non-alignement.

II-les causes internes

Les causes internes sont liées à l’évolution des mentalités  en Afrique. Elles font référence ici au rôle joué par l’école, les églises, les partis politiques.

1-Le rôle des religions et de l'école

 Bien que les  églises aient favorisé la colonisation de l’Afrique, les valeurs de paix, d’égalité et de tolérance qu’elles véhiculaient vont amener les Africains à prendre conscience de leurs droits qui étaient bafoués par l’entreprise coloniale, en revendiquant l’indépendance. Bien plus certaines églises typiquement africaines vont œuvrer activement contre les intérêts coloniaux par le boycott des ses produits et les manifestations anticoloniales. C’est le cas du Kimbanguisme au Congo.

2-le rôle des écoles

L’éducation occidentale va aussi favoriser la décolonisation en ce sens qu’elle va faire assimiler aux jeunes africains, les notions de liberté et d’égalité. C’est ce qui va les amener le moment venu à réclamer ces vertus qui leur étaient refusées. C’est le cas des intellectuels comme Nkwamé Nkrumah, Senghor qui plus vont fonder les paris politiques réclamant l’indépendance.

3-Le rôle des partis politiques et des mouvements nationalistes.

Ils vont constituer de véritables groupes de pression et à travers des manifestations, les négociations voire même les armes, ils vont réussir mettre fin à la colonisation en Afrique. On peut citer l’exemple de l’UPC au Cameroun, du RDA en Afrique de l’Ouest, du FLN en Algerie…

 

 

III-Les formes d'émancipation des colonies

3 grandes formes sont à signaler:
  • L'émancipation par la violence: Le transfert de pouvoir d'une autorité coloniale à celle indigène s'est fait dans certaines régions à la suite de longues et violentes luttes. Ce sont les indépendances conquises: C'est le cas de l'Algérie, de l'Indochine Française, du Kenya et du Cameroun, de l'Indonésie.
  • L'émancipation par négociation: L'indépendance a été obtenue dans d'autres pays sans luttes brutales. Ce sont des décolonisations consenties entre colonisateur et colonisés, c'est le cas de l'Inde (1947), de la Tunisie (1956), du Ghana (1957).
  • L'émancipation par la rapidité: Dans ce type de décolonisation accélérée il y'a pas eu de préparation. L'élite locale n'a pas été suffisamment préparée pour recevoir des responsabilités. C'est le cas de l'Afrique noir notamment le Congo Belge où la guerre de cessation a eu lieu immédiatement après l'indépendance.

CONCLUSION.

Après plusieurs décennies de domination européennes, les Africains vont réussir  à partir de la première moitié des années 1950 à obtenir leurs indépendances. Cette émancipation qui va se faire de façon pacifique ou violente sera les conséquences des facteurs internes et externes.

Sujets de réflexion :

1-Pourquoi pouvons-nous dire que la colonisation a été elle-même à l’origine de sa fin ?

2-L’Afrique est-elle vraiment indépendante aujourd’hui ?

3-A l’aide d’exemples précis, montrez que la décolonisation a épousé plusieurs formes en Afrique.

COURS D'ECM: LA CEMAC ET LA CEDEAO. Tles F3, ,F4,MA, MEB, IH, Lycée Technique de Foumban






LEÇON 4 : LA CEMAC ET LA CEDEAO




INTRODUCTION :

Dans le processus de construction d’une véritable unité africaine au plan économique, politique, sociale et culturelle, les chefs d’Etats africains ont trouvé nécessaire de commencer par  la réalisation des regroupements régionaux viables susceptibles de faciliter plus tard l’intégration du continent. C’est dans cette logique que la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale)  et la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) ont été créées.

I-La CEMAC

La CEMAC a succédé a plusieurs institutions sous régionales en Afrique Centrale notamment l’Union Douanière Equatoriale(UDE), l’Union Douanière et Economique des Etats de l’Afrique Centrale(UDEAC) et  la  Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale(CEEAC).

1-L’UDEAC

Elle succède en 1964 à l’UDE, née en 1958 et regroupant les anciennes colonies françaises d’Afrique centrale(AEF). Le Cameroun rentre dans cette  organisation le 23 juin 1961 en  tant que 5e membre. C’est finalement en 1964 que l’UDE devient l’UDEAC et la Guinée Equatoriale y adhère en 1983.
L’organisation ainsi créée a des objectifs surtout économiques avec entre autres:
-La création d’un marché commun entre les Etats membres ;
-L’harmonisation des politiques de développement, des codes  d’investissement entre les Etats membres ;
-L’harmonisation des tarifs douaniers et la fiscalité.
                Ces objectifs, malgré leur intérêt pour la communauté ne seront malheureusement pas atteints ce qui amène les Etats membres à penser un autre regroupement plus ambitieux à savoir la CEEAC

2-La CEEAC

Elle est créée à Libreville au Gabon le 18 octobre 1983. En dehors des 6 Etats membres de l’UDEAC, elle va s’ouvrir au Rwanda, à Sao Tomé et Principe, à la RDC et au Burundi. Le but de la création  de la CEEAC est de :
-Abolir entre les Etats membres les barrières  pouvant entraver le commerce ;
-Harmoniser les tarifs  douaniers entre les Etats membres ;
-Supprimer de manière progressive entre les Etats membres les obstacles à la libre circulation des hommes et des biens ;
-harmoniser entre les Etats membres les politiques nationales  en de la promotion des activités communautaires dans les domaines de l’industrie, de l’agriculture, des  ressources humaines, du commerce, de la monnaie…
                Afin de réussir ces différentes missions, un certain nombre d’organismes ont été mis sur pied. Il s’agit :
-La conférence des chefs d’Etats et de gouvernements ;
-Le Conseil des Ministres ;
-La Cour de Justice ;
-le Secrétariat Général ;
-Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Afrique Centrale  dont le but est  de prévenir les crises. C’est pour cette raison qu’elle dispose la FOMAC (Force Multinationale DE l’Afrique Centrale actuellement  déployée en RCA). Ce programme ambitieux reste illusoire car il n’a jamais été concrétisé dans les faits.

3-LA CEMAC

a-Genèse
Face au bilan assez maigre de L’UDEAC, les Chefs D’Etats d’Afrique Centrale ont pensé mettre sur pied une nouvelle organisation qui devrait dépasser le cadre de la coopération pour permettre une véritable intégration de la sous région. C’est pour cette raison que l’idée de la CEMAC nait en 1994 avec la signature du traité de Ndjamena. Mais cette organisation va voir effectivement jour le 25 juin 1999 à Malabo. C’est un vaste marché de 3millions de km2 et de 40 millions de consommateurs environ.
b-Les objectifs de la CEMAC
La CEMAC a une mission essentielle à  savoir la promotion du développement harmonieux des Etats membres dans le cadre de deux unions que sont l’UEAC et l’UMAC.
        L’UEAC (Union Economique de l’Afrique Centrale) dont les objectifs spécifiques sont :
-          Renforcer la compétitivité économique et financière en harmonisant les règles qui régissent leur fonctionnement ;
-          Créer un  marché commun fondé sur la libre circulation des  hommes, des biens et des capitaux ;
-          Mettre en œuvre les actions communes dans les domaines de l’agriculture, l’élevage, la pêche, les transports, l’énergie, l’environnement….
          L’UMUC  qui se caractérise par l’adoption d’une même unité monétaire à savoir le FCFA dont l’émission est confiée à la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale).
Parmi les institutions de la CEMAC, on a :
-La conférence des Chefs d’Etats ;
-L’UEAC ;
-L’Union Monétaire ;
-Le Parlement Communautaire ;
-La Cour de Justice Communautaire ;
-La BEAC ;
-La Commission Bancaire de l’Afrique Centrale…

c-Les réalisations et les problèmes de la CEMAC.

Les réalisations  de la CEMAC semblent maigres  et insignifiantes. Pour ce qui de la libre circulation des hommes et des biens, cela semble incertain dans un  avenir très proche car la mise en circulation du passeport CEMAC plusieurs fois reportées a été encore reporté en 2013 devant les réticences de la Guinée Equatoriale. C’est dans cette logique que les ressortissants de la CEMAC sont la plupart du temps arrêtés et renvoyés manu militari dans leurs pays. Toutefois, il faut remarquer que la libre circulation est relative bonne entre certains pays de la CEMAC notamment entre le Cameroun, le Tchad et la RCA.
De même, la Guinée Equatoriale devenue Emirat pétrolier contexte de plus en plus les textes fondateurs de ce regroupement notamment le consensus de Fort Lamy qui définissait le rôle de chacun des Etats membres. Ainsi, selon ce consensus, le Cameroun devait abriter la BEAC centrale tandis que son gouverneur devait être  gabonais. Mais depuis 2009, la Guinée a réussi a obtenir le poste qu’occupe Luc Abaga Nchama.
Les autres problèmes de la zone CEMAC sont la récurrence des guerres civiles  et les coups d’Etats dans les Etats   membres (Tchad, RCA). Le grand banditisme transfrontalier et désormais le problème de terrorisme islamique. Il faut également noter les multiples tracasseries policières dont  fait  l’objet les transporteurs tchadiens et centrafricains sur le territoire camerounais.

II-La CEDEAO

1-Genèse

Les chefs d'Etats et de gouvernement de l'Afrique de l'ouest, lors d'une conférence organisée à Accra en 1967, ont manifesté leur volonté de créer une communauté dans laquelle fusionneraient les trois entités linguistiques de l'Afrique de l'ouest. En mai 1975, la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest voit le jour avec 16 Etats membres. La CEDEAO est devenue opérationnelle en 1978. Le traité de création de la CEDEAO a été révisé en 1994 pour mieux s'adapter aux mutations des moments. Cette organisation regroupe le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, Côte d’Ivoire, la Gambie, Ghana, la Guinée-Conakry, la Guinée Bissau, le Liberia, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, la Sierra Léone,

2-Objectifs et missions de la CEDEAO

La CEDEAO couvre une superficie de six millions de km2. La croissance démographique est importante avec plus de 200 millions de consommateurs. L'espace CEDEAO englobe la zone UEMOA. Les politiques nationales sont fortement influencées par la géopolitique de la sous -région. D'où les objectifs suivants :
-l'accélération de la coopération économique et le développement de ses membres.
-création d'une zone de libre échange et création d'une union douanière
-création d'une union économique et d'une monnaie commune.
- Coordonner les stratégies de développement dans les pays membres ;
- Favoriser la libre circulation des biens et des personnes entre les pays membres ;
- Eliminer progressivement les droits de douanes entre les pays membres ;
- Construire les infrastructures régionales de transport et de communication pour permettre la libre circulation des personnes et des biens ;
- Doter la communauté d'une monnaie unique à long terme ;
- Promouvoir la coopération et le développement dans tous les domaines ;
- Créer une union économique et monétaire et promouvoir le secteur privé ;
- Elaborer une politique économique commune et développer les communications ainsi que l'énergie et la recherche agro-industrielle.

3-Les principes de la CEDEAO

Dans la poursuite de ces objectifs, les Etats membres déclarent solennellement leur adhésion aux principes fondamentaux de l'organisation tels que :
- L'égalité et l'indépendance des Etats membres ;
- La solidarité et l'autosuffisance collective ;
- La coopération inter-états, l'harmonisation des politiques et l'intégration des programmes ;
- La non-agression entre les Etats membres ;
- Le maintien de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionale par la promotion et le renforcement des relations de bon voisinage;

4-Les institutions de la CEDEAO

La CEDEAO est composée de 8 institutions principales :
  • la Conférence des Chefs d'États et du gouvernement ;
  • le Conseil des ministres ;
  • le Parlement de la Communauté ;
  • le Conseil économique et social ;
  • la Cour de justice de la Communauté ;
  • la commission :
  • la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO ;
  • l'Organisation Ouest-Africaine de la santé.

5-Bilan de la CEDEAO

Comparativement à la CEMAC, le bilan de la  CEDEAO semble plus élogieux avec une intégration effective qui se manifeste par la libre circulation des hommes et des biens dans cet espace. Au plan sécuritaire, c’est  l’ECOMOG ( Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group) qui est une force armée sous régionale qui intervient dans la gestion des conflits. Ce groupe de supervision est vite devenu une force d'interposition et est intervenu notamment dans les guerres civiles du Liberia, de Sierra Leone et de Guinée-Bissau et plus récemment au Mali.Pour ce qui  est des difficultés de la CEDEAO, elles sont nombreuses et variées. On peut citer entre autre au plan politique, les coups d’états (Côte d’Ivoire, Guinée, Mali), les guerres civiles, les  problèmes de sécession (Azawad au Nord Mali). Au plan économique, il  y a des réticences en ce qui concerne l’harmonisation des tarifs douaniers, la circulation de plusieurs monnaies…

CONCLUSION

 La CEMAC et la CEDEAO sont deux organisations sous régionales avec  comme objectif ultime l’intégration politique et économique de l’Afrique centrale et de l’Ouest. Ces organisations malgré leur volonté doivent faire face à un certain nombre de difficultés politiques, économiques et sociales.

Questions

1-où s e trouve les sièges de la CEDEAO et de la CEMAC ?
2-A votre avis, quelles sont les raisons  qui justifient les difficultés d’intégration en Afrique Centrale ?
3- A votre avis, la multiplicité des organisations dans une  sous région  est-elle favorable à l’intégration ?